« Le rôle du SCD dans la diffusion et l’indexation des ressources pédagogiques » par Marianne Follet

Le SCD a un rôle à jouer dans la diffusion et l’indexation des ressources pédagogiques numériques. ceci implique toutefois d’établir des relations entre bibliothèques et services TICE pour la fourniture de documents électroniques.

Les enjeux de l’indexation sont partagés : retrouver les ressources, les mutualiser, assurer leur pérennité, donner une information sur les droits de diffusion, pouvoir changer de plate-forme sans perdre de données, etc. Il y a donc un besoin réel d’indexation (de métadonnées).

… mais les priorités sont parfois différentes entre bibliothèques et service TICE.

Les contextes varient aussi selon les plate-formes : certaines mettent des ressources à la disposition d’enseignants et/ou d’étudiants, d’autres gèrent aussi la production même des contenus de la plate-forme. Ce dernier cas est le Learning management System, LMS, également appelé Learning Content Management System, LCMS.

Pour garantir l’interopérabilité entre ressources de diverses plateformes, il est nécessaire d’employer des normes (obligations) et standards (recommandations) à plusieurs niveaux : pour

les métadonnées et l’indexation, il s’agit d’utiliser par exemple le DublinCore Education – http://dublincore.org/groups/education/, le LOM – http://www.educnet.education.fr/dossier/metadata/lom1.htm , SCORM – http://www.adlnet.gov/index.cfm , IMS-LD – http://www.imsglobal.org/learningdesign/index.html . Pour les échanges il s’agit par exemple du protocole OAI-PMH.

Evolution des relations entre TICE et bibliothèques :

Le monde de la formation pédagogique prend conscience des compétences et du temps nécessaire à la description et à l’indexation des ressources. Or, la production de ressources pédagogiques électroniques ne présente pas d’intérêt tangible pour les enseignants : elles ne sont pas de simples reprises de cours mais des re-créations destinées à des étudiants distants qui ne suivent pas nécessairement les enseignements présentiels, et surtout elles ne sont pas un levier de carrière.

Ils se tournent donc vers les bibliothécaires et documentalistes, qui ont ce savoir-faire et dont c’est le métier.

Il reste toutefois important de valoriser l’expertise des bibliothécaires en matière de métadonnées, afin d’assurer aux enseignants et services TICE que le personnel des bibliothèques est à même d’assurer la médiation technique la plus pertinente possible.

Cependant, les bibliothécaires doivent continuer à faire participer les auteurs à l’indexation (normalisée par les bibs), surtout en recherche et développement (R&D) pour assurer la visibilité des documents mis à disposition du public à distance…

En effet, il existe des points de divergence à identifier rapidement afin de parvenir à un accord les concernant :

Pédagogie / FOAD / TICE

Bibliothèques / documentation

niveau d’indexation

variable selon le contexte (contenu, destinataires, actualité…)

niveau fixe : en bibliothèque, on n’indexe pas de manière plus fine ou plus élevée en fonction du contenu, mais selon l’objet (monographie, périodique, article…)

cycle de vie des ressources

mises à jour fréquentes pour vérifier que l’indexation est toujours pertinente ; changements parfois immédiats dans l’indexation en réaction à des commentaires ou corrections. Renouvellement de l’indexation d’une année scolaire à l’autre

peu de mise à jour : habitude de documents stabilisés (publiés, qui ne changent pas de contenu d’un jour sur l’autre…)

modèle de production

production de masse et en flux tendu : de nouvelles ressources apparaissent tous les jours. Besoin de rapidité, disponibilité, et flexibilité du personnel pour l’indexation

modèle de la collection, reposant sur un principe de sélection

rapport au temps

besoins à TRES court terme

habitude d’une perspective à moyen terme

qualité de l’indexation

priorité à l’efficacité

efficacité oui, mais exigence de qualité avant tout

Le partenariat entre bibliothèques et enseignants réside dans la répartition des champs de métadonnées à renseigner.

L’indexation est un enjeu important mais délicat, qui est à aborder avec pragmatisme et dans un souci de dialogue !

Le plus difficile reste de motiver les enseignants à produire des ressources réellement utilisables à distance, de manière autonome, pour des étudiants qui n’assistent pas aux cours.


[1] On appelle cela les formations ouvertes et à distance (FOAD).

Il est important de prévoir un accès unique aux ressources numériques produites par l’université, avec un mode de recherche rapide, clair, et en texte intégral.

une autre question se pose : où ranger les ressources pédagogiques ? dans une bibliothèque numérique ? dans un brique à part de l’ENT ? dans le catalogue général de la bibliothèque ? … et selon les cas, qui gère, suit et évalue le traitement de ces ressources ?

Enfin : qui a accès à quelles ressources ? dans le cadre d’un ENT, on peut envisager un accès sélectif en fonction du profil de l’utilisateur, catégorisé dans l’annuaire LDAP. dans ce cas, il faut expliquer la chose de manière très claire et systématique à l’ensemble du public !

La plupart de ces questions de convergence d’intérêts entre pédagogie et bibliothèques se retrouve sur http://www.educnet.education.fr/

Exemples de campus numériques proposant des ressources pédagogiques (texte, audiovisuel, multimédia etc.) en ligne (des articles leur ont été consacrés) :

ARPEM – Grenoble (histoire d’un échec : leçons à tirer)

MANUE – Grenoble C@mpusciences (c’est une université en ligne) – http://www-fsm.ujf-grenoble.fr/

CINEMATIC – ENS de sciences de Lyon, qui emploie un outil d’indexation avec des saisies par profil – http://cinematic.ens-lyon.fr/

SPIRAL – Université Lyon 1 : c’est une plate-forme “maison” – http://spiral.univ-lyon1.fr/00-perso/index.asp

FORMIST – Enssib Villeurbanne – http://formist.enssib.fr/

SCENARI – UTC de Compiègne – http://scenari.utc.fr/

UNIT – Université Numérique Ingénierie et Technologie : c’est une Université Numérique Thématique portée par l’INSA sur les sociétés de l’ingénieur. http://www.unit-c.fr/

etc.

Indexation des ressources pédagogiques

A lire
Relier les collections : une vue d’ensemble des approches
Métadonnées : quelques cartes du LOM et de profils d’applications
L’indexation des ressources pédagogiques numériques

Le LOM est un standard international normalisant les métadonnées associées aux documents pédagogiques. Le LOM n’a pas vocation à devenir une norme.

LOM.fr
Dans le cadre d’une convention liant le ministère à l’AFNOR, une norme expérimentale a été publiée en août 2005 : le LOM-FR ou profil français d’application du Learning Object Metadata (LOM ).

LOM.fr s’adresse aux communautés d’enseignement, de formation professionnelle et continue ainsi qu’aux industries.

LOM.fr est un modèle de métadonnées constitué d’ajouts par rapport au LOM, garantissant ainsi  une compatibilité LOM. La mise en oeuvre de ces métadonnées implique la création/validation par des professionnels et l’utilisation de référentiels contrôlés type classifications ou thésaurus documentaires.

Associer des métadonnées à des documents pédagogiques pour cibler les étudiants, permettre aux enseignants de structurer leurs outils pédagogiques et aux bibliothèques d’assurer l’accessibilité et la pérennité de l’accès à l’information. 3 acteurs qu’il faut apprendre à travailler ensemble afin d’inscrire l’indexation comme étape indispensable dans le processus de publication.

Métadonnées de préservation

Les métadonnées de préservation permettent de constituer une base de données d’informations stockées avec l’archive afin de gérer :

  • les cycles de vie du document (cas des documents administratifs)
  • les versions et les éditions
  • les droits de propriété intellectuelle et/ou industrielle
  • les droits des utilisateurs
  • la vérification et la validation des formats

DTD et schémas

DTD

  • Docbook DTD
    est une [[DTD]] pour les ouvrages et articles du domaine de l’informatique
  • EAD DTD
    (Encoded Archival Description) est une DTD pour les documents d’archives
  • TEI DTD
    (Text Encoding Initiative) est une DTD pour les ouvrages littéraires
  • RDF
  • BiblioML DTD
    est une DTD pour les notices catalographiques au format UNIMARC
  • AuthoritiesML DTD
    est une DTD pour les notices d’autorités au format UNIMARC
  • MARC XML
    est une DTD pour les notices catalographiques au format MARC 21
  • JAIDTD
    (Journal Archiving and Interchange) est une DTD de la NLM pour les revues électroniques
  • NDLTD
    (Networked Digital Library of Theses and Dissertations) est une DTD pour les thèses électroniques US
  • répertoire des schémas XML de l’administration

Schéma ou modèle
Un schéma décrit la terminologie (les noms des balises) et les contraintes d’utilisation (structure, type de contenu).

Le format XML

XML est un format qui structure le contenu intellectuel de l’information dans un plan de description ( DTD ou schéma XML) et autorise une description de contenu dans une zone de métadonnées; la mise en forme du document est définie par une feuille de style rédigée en XSL (Extensible Style Language), langage de présentation associé à XML.

[[XML]] est un format de document primaire et non pas de référence de document.

Pour signaler un document XML, il suffit de le rendre accessible du réseau

SGBD XML : stockage de documents
Bases XML natives : stockage de gros volumes de fichiers XML, accès rapide, administration simple, structure arborescente, pas de fonctions relationnelles. Il n’est pas nécessaire de déstructurer le document comme lorsque l’on associe le format SGML à un SGBD.
Les fichiers XML peuvent être structurés selon une [[DTD]], mais ce n’est pas obligatoire. La base XML est l’outil idéal pour agréger de l’information provenant de plusieurs sources. Attention, il y a nécessité d’associer les fichiers XML à des bases de données relationnelles pour exploiter leurs informations (statistiques, calculs). Enfin, l’association DTD-XML tend lentement à évoluer vers l’association Schéma XML-XML, le schéma XML permettant d’imposer des contrôles sur les données saisies. Mais XML ne permet pas de savoir pourquoi telle balise a été utilisée. Par contre, le sens des balises peut être exprimé en [[RDF]] (Resource Description Framework), ce métalangage permet d’exprimer que des ressources ont des propriétés qui portent certaines valeurs.

Le format UNIMARC

Le premier objectif d’UNIMARC(MAchine Readable Cataloging) est de faciliter l’échange international de données bibliographiques. UNIMARC peut également être utilisé comme modèle pour le développement de nouveaux formats bibliographiques.
UNIMARC spécifie les codes définissant les données, c’est-à -dire les codes de zones, de sous-zones et les indicateurs attribués à un enregistrement bibliographique.
UNIMARC traite des monographies, des périodiques, des documents cartographiques, musicaux, des enregistrements sonores, des représentations graphiques, des diapositives, films et documents vidéos, et prévoit des zones pour la description des ressources électroniques.

Le format UNIMARC permet de retrouver des références de documents primaires, il s’agit d’un document secondaire qui regroupe des informations sur les documents primaires ; avec l’arrivée du numérique, on parlera alors de métadonnées.

Le format UNIMARC est appelé à évoluer vers les [[FRBR]] (Functional Requirements for Bibliographic Records) qui sont une norme [[IFLA]] permettant de localiser le support voulu par l’usager ou d’avoir connaissance du type de support pour un exemplaire affiché à partir du [[catalogue]].